Ma vie avant le diagnostique

Publié le 7 juillet 2024 à 21:35

Depuis petite je sens un vide en moi, une incompréhension, une sensation d’être différente. J’en ai eu l’explication 19 ans plus tard, je suis narcoleptique. Alors oui c’est une maladie qui se développe vers l’adolescence mais je pense toujours l’avoir eu au fond de moi d’ou mon sentiment de différence. Quand tout le monde pensait à profiter de sa journée à fond, moi je ne pensais qu’a une chose, rentrer à la maison et DORMIR.

On m’a d’abord dit que j’étais dépressive car le besoin de beaucoup dormir est un symptôme récurrent de la dépression. De plus, j’avais par le passé tenté de me suicider mais ce n’était pas parce que je ne voulais plus vivre, c’était parce que je voulais que mon entourage comprenne mon mal-être et soit la pour moi. Au lieu de ça, mes parents passaient leur temps a se disputer, ma mère s’oubliait dans l’alcool et mon père ne prenait aucune responsabilité. J’en ai beaucoup voulu à celui-ci car je trouvais trop facile pour lui de juste tout laisser sur les épaules de sa femme (ma mère). J’avais une telle rage en moi qu’un jour je me suis ouvert les poignets et j’ai essuyé mon sang sur lui. Je voulais qu’il se réveille ! Merde quoi, sa famille partait en ruine et il avait l’air de complètement s’en foutre. Je n’arrivais pas à l’accepter. Je n’arrivais pas non plus à trouver réconfort chez ma mère parce qu’elle aussi a été détruite toute sa vie par des gens toxiques. Elle est alors très fragile et sensible ce qui me donne toujours envie de la protéger alors que parfois j’aurais bien aimé qu’elle aussi me protège. Je ne lui en veut pas, j’ai réussi à me construire toute seule et je sais qu’elle a fait son maximum. À l’époque, personne n’arrivait donc à me comprendre. J’ai alors demandé à voir une psy. Elle était très gentille mais ne comprenait elle non plus pas du tout l’enjeu de la situation. J’avais l’impression de ne pas être prise au sérieux. J’ai alors fait plusieurs appels à l’aide. Mais rien n’a changé, j’étais toujours aussi mal. Un jour je me suis sentie prête à en finir, j’ai écrit ma lettre d’au revoir et à ce moment la, mon père est entré dans ma chambre. Il a alors décidé de m’amener à l’hôpital.

Ma mère, elle, n’était pas vraiment pour mais l’avis de mon père l’a emporté. Je me suis alors retrouvé à l’hôpital des enfants complètement perdue et incomprise. J’ai été ensuite prise en charge par « mal à ta vie », un centre pour les jeunes suicidaires. J’ai été obligé de suivre une thérapie ambulatoire pendant 2 mois. Je pense que ces deux mois ont été les pires de toute ma vie. Ça ne m’a servi a rien, je n’étais pas suicidaire! Juste mal comprise et mal dans ma peau. 

A l’époque, j’étais la meilleure de ma classe, l’école c’était tout pour moi, le seul domaine ou je me sentais forte. Puis mes notes ont commencé à baisser. J’étais tellement frustrée, je travaillais tout autant voir même plus mais je faisais que m’endormir sur mes fiches de révisions, pendant les cours… A cette période, j’étais suivie par une psychologue qui me disait que c’était la dépression, que je me réfugiais dans le sommeil. Elle m’a alors fait faire « le test » de la dépression qui consiste en un simple QCM. « prenez vous du plaisir à faire des activités? » J’ai répondu non, je me sentais tout le temps épuisée par tout. Ce questionnaire en a ressorti que j’étais en dépression sévère. Et là, les choses sérieuses ont commencé. Mais avant ça, je tiens à raconter un autre épisode de ma vie qui a tout aussi son importance. C’était l’été de mes 17ans, j’étais sur le bateau de mon père en France et je me suis cognée la tête assez fort. J’ai eu assez mal mais la douleur est vite passée. Le soir même, alors qu’on s’apprêtait à prendre le dessert dans un restaurant ma tête tombe raide sur la table. Je ne le savais pas encore mais c’était ma première crise de cataplexie.  

A partir de là, j'ai commencé à voir un psychiatre pour ma "dépression" et je suis aussi allée voir une neurologue pour comprendre le "malaise " que j'avais fait. J'ai donc commencé à prendre des antidépresseurs en décembre 2021, alors que j'étais en plein examens pour l'école. Après plusieurs mois, je n'avais toujours pas de réponse pour mes malaises et l'histoire était même oubliée parce que je n'avais pas fait d'autres malaises et que tous mes résultats médicaux étaient bons. J'ai continué à prendre des antidépresseurs et voir une psychologue ainsi qu'une psychiatre, qui du jour au lendemain est partie en me laissant en plan. J'ai été ensuite trimbalé de psy en psy, j'ai changé de médicaments au moins trois fois, tout ça en moins de deux ans.  

 

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Commentaires

Bodmer
il y a 8 mois

Magnifique récit bravo pour ton courage et ta determination à te battre pour faire face à cette maladie très handicapante dans la vie d’une jeune femme qui ne demande qu’à mordre la vie à pleines dents.